dimanche 15 mars 2015

Usul ...

Il y a quelques temps de cela, mon ami Manu m'a fait découvrir quelques chaînes youtube : Celle du joueur du grenier, celle d'Usul, celle de RealMyop ...
Ces noms ne vous disent peut-être rien, ou peut-être au contraire tentez-vous de cacher leur familiarité comme le professeur face à un élève qui lui parle de Katsuni.

Que cela soit dit : je suis ce qu'il convient d'appeler un geek. Je suis passionné par le jeu vidéo, la bande dessinée, le cinéma populaire, j'ai passé plusieurs centaines d'heures sur Diablo II, j'ai fini GTA III et Vice city à 100% ... et durant de longues années, j'ai caché cela, honteux, au point de le nier et de tout refouler.

Mais c'était il y a longtemps, et cette dernière année, je me suis assumé au point de créer avec deux collègues une classe "éducation à la pratique vidéo-ludique" au collège. Une première en France, si si ! J'ai même eu droit à une télé sur Nolife à une heure de grande écoute, et à des retours passionnés, passionnants et enthousiastes. J'ai ressorti toutes mes vieilles consoles, suis parti en quête de nouvelles, me suis documenté, ai beaucoup réfléchi, construit, me suis plongé dans bien des aventures vidéo-ludiques ...

Rien de tout cela ne serait arrivé sans Usul, de son nom complet "Usulmaster" (nom qui combine un goût évident pour la SF de qualité et une emphase très adolescente). Le jeu vidéo est-il un art ? En quoi apporte-t-il réellement quelque chose de nouveau ? Dans la narration ? Quelle signification apporter à l'interactivité, au gameplay ? Tant de questions qui m'avaient alors abordé et auxquelles je n'osais réellement me consacrer, préférant me plonger dans Euclide ou Descartes, trouvèrent alors un terreau favorable. La plume d'Usul, toujours sobre et élégante, drôle, révèle une pensée construite, documentée, solide, et mon univers a immédiatement adopté ce nouveau penseur, aux côtés de bien plus célèbres et universitaires.

Une pensée intéressante sur le jeu vidéo ? Enfin !

Il faut dire que cela arrive à point nommé : ma génération, qui a grandi avec la Nintendo première du nom et la game boy, a aujourd'hui trente ans, et nombreux sommes-nous à sentir une petite larme nostalgique aux notes de M. Koji Kondo. Le "retro gaming" a depuis quelques années le vent en poupe et l'émulation nous permet de revivre ses oeuvres les plus illustres, les redécouvrir, et les regarder de notre œil adulte, nourri de trois décennies de Culture avec un grand C.
Si je ne remercierai jamais assez Usul de m'avoir initié à l'oeuvre de Shigesato Itoi (Mother, trilogie de jeux beaux à pleurer dont la musique fait aujourd'hui partie des favoris de mon iPod), c'est je pense toute une génération, peut-être même un communauté, qui devrait le remercier d'avoir ainsi ouvert une voie. Ne rêvons plus : le jeu vidéo, à l'université ? Ce n'est plus un rêve mais un projet, puisqu'il est aujourd'hui accueilli à bras ouverts dans les collèges.
L'image du gamer mal dans sa peau dans une chemise trop petite, avec des grosses lunettes et des cheveux gras a fait long feu. (D'autant que ça donne un look assez hipster).De nos jours le jeu vidéo fascine, intéresse, interroge, et s'il reparaît régulièrement diabolisé par les propos ignares d'un présentateur ignared'un journal télévisé ignare, ces propos sont bien vite balayés par un reportage ignare d'un journalisteignare au sujet de GTA V (jeu pourtant d'unre rare violence) et de ses bénéfices vertigineux (Bande d'ignares !).

Que dire d'autre ? Les auteurs et créateurs de qualité prolifèrent, le jeu indépendant explose, il ne manquait qu'un recul culturel au jeu vidéo pour lui donner enfin la grandeur qu'il mérite. Usul en a écrit la préface.

Cela pourrait être tout mais non. Même pas. Depuis quelques temps, Usul a quitté jeuxvideo.com pour se lancer en youtubeur indépendant pour parler bien sûr de jeu vidéo. politique et sociologie
Je l'ai attendu au tournant, méfiant comme je peux l'être de tous ces gens qui ont une conscience politique.
Mais quelle surprise ! Là encore sa plume est sobre et élégante, drôle, révèle une pensée construite, documentée, solide.

Chaque reportage fourmille de documentation et soulève mille questions. Je n'ose ajouter "enseigne" car Usul n'est pas universitaire et le sait. Il n'est pas là pour nous dire ce qui est vrai mais pour nous présenter l'état actuel de sa pensée.


Je n'ai pas suivi émission aussi intéressante depuis longtemps.



Que dire de plus ...

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