jeudi 17 mars 2016

Chronique de mon autoradio, épisode 4.


"Nous, les femmes, nous sommes pleines de contradictions, nous pouvons sortir de la salle de sport, et aussitôt nous jeter sur un gâteau à la crème", heureusement, Gerbinéa est là pour vous mesdames ! Grâce à ses quatre-vingt-dix-sept pour cent de protéines d'origine non contrôlée dont sept pour cent Bio, il permet de couper court à tous ces désobligeants petits creux. Car oui, vous êtes bien pleines de contradictions.

J'aime comme les femmes sont SYSTÉMATIQUEMENT prises pour des connes : elles ne s'intéressent à rien, ne cherchent qu'à rentrer dans leur jean taille 36 qui leur donne un si joli fessier mais attention, sont des femmes libérées, même si au fond elles cachent un cœur tendre et si fragile qui ne cherche qu'une épaule solide et réconfortante pour s'y reposer ...
Je ne parlerai pas de la condition déplorable des femmes ici. A nouveau, relire Simone de Beauvoir ou plus directement l'excellent magasine Causette - en kiosque, il est caché entre Metropolitan et Jeune et Jolie - vous sera bien plus profitable. Pour une fois, j'essaierai de réfléchir à ce que cela renvoie comme image de l'homme :
Comment me sens-je, personnellement, en tant qu'être à bite dans ce monde qui véhicule une image si immonde de la moitié de la population ?

Pour couper court aux critiques éventuelles de l'un de mes trois lecteurs, je vais tout de suite préciser une chose : non, l'homme n'est pas à plaindre, de même que, soyons honnête, en tant qu'homme blanc de la classe moyenne et de culture catholique, ça va, en France, je n'ai pas subi trop de discrimination.

Je parlerai d'autre chose. 

Que me dit cette représentation des femmes sur ce que les media voient de moi ?
Bien sûr, une femme, c'est beau. C'est même, à bien des égards, un étalon esthétique, que ce soit en architecture, en composition picturale, ... (oui oui, j'ai dit '"une femme est un étalon". Pas de souci) Cela dit, la "femme de publicité" est-elle ce dont je rêve comme compagne ? Une femme-trophée qui me pose comme mâle alpha et que je nourris du fruit de mon labeur tandis qu'elle passe ses journées à entretenir son si joli fessier ? Une femme qui dit oui oui à tout ce que je dis ?
Et je ne devrais pas me sentir insulté ? 

Quelle espèce de sous-merde serais-je si je rêvais de cela ?

Je vous propose en lecture le merveilleux Marylin, dernières séances, de Michel Schneider. Il nous dépeint une Marylin Monroe à des lieues de celle des écrans, perdue, sans repère, ne comprenant plus rien à ce que l'on attend d'elle, appelant à l'aide, mais intelligente, cultivée ...
Ce monde merveilleux qui brille et clignote a donc jeté en pâture une femme sans défense aux appétits sexuels des hommes de la terre entière et à ceux envieux des autres femmes, les uns comme les autres nécessairement frustrés. Mais cette femme était quelqu'un. Un vrai quelqu'un, un quelqu'un riche et brillant, au même titre que chacun ici-bas. Quelqu'un qui en est mort.

Aussi n'est-ce pas anodin. Ces publicités, tous les putains de magasines féminins et toutes ces conneries infectes et nauséabondes n'existent que par leur capacité à jouer avec notre frustration. L'objectif est uniquement de vous faire croire, à vous mesdames, que vous n'êtes pas assez belle, - avez-vous pensé  au Botox ? - et à vous messieurs, que votre femme n'est pas assez belle ! Et ça me révolte ! J'enrage de voir des femmes belles malheureuses de vieillir ! J'enrage de voir des couples frustrés de n'être pas Brad Pitt et Angelina Jolie, lesquels sont peut-être en passant de vrais être humains en chair et en os et non en papier glacé ! Je brûle de colère !
Il serait facile de reprocher cela aux consommateurs. En effet, qui n'achète pas Elle n'a aucune raison de souffrir de son travail de sape, mais quelle prétention ! C'est un travail de longue haleine que de se défendre de ce harcèlement. S'en sentir à l'abri, c'est n'être que plus à leur merci. Se couper de la publicité, donc de la télévision et de la radio, des magazines ... Cela fait beaucoup !

Chaque chose en son temps ...

Mais en l’occurrence, monde de merde, si tu tiens à me faire croire que ma vie n'est pas suffisante, je me marre ! Ma femme est belle et, mieux que belle, est ma complice, ma compagne du quotidien, ma camarade de colère, ma pote de détresse ... Ramenez-vous avec toutes vos top-modèles prêtes à se briser au moindre rhume, avec vos bêtasses décérébrées, vous n'avez aucune chance. 
Vous avez le sang de femmes influençables sur les mains, des femmes à qui vous avez vendu une vie de rêve et que vous réduisez en esclavage, mais vous vous en foutez, vous êtes au-dessus de cela ! Vous êtes bien au-dessus du respect de l'être humain. Je ne ris plus lorsque j'entends Nabila et consœurs raconter des conneries. J'ai juste envie de pleurer devant les vies de ces femmes, détruites par des nababs pour abrutir des cons.
Et ce, quiconque regarde une de ces émissions, même si c'est pour rire des bêbêtes, ce qui est méprisable et commun, quiconque achète un magazine féminin en est complice. Le sang sur les mains, quand on commence à le voir, ne part pas si facilement. Il laisse une sale odeur ...


Mesdames,  je le dis et le répète, et ce, au nom de tous les hommes :


Le maquillage n'est qu'un masque.
Les fringues on s'en fout, ce n'est qu'une question de goût, les chaussures encore plus, elles ne vous définissent pas.
Nous n'avons aucunement besoin d'une servante pour nettoyer maison et vêtements.
Ne lisez plus ces magazines qui ne font que vous rendre malheureuses
Soyez vous-mêmes, sauvages et libres.
Ce que nous voulons, c'est une complice, une compagne, une camarade.






Hep ! Hep !








Hum ... 

Attendez ! 







Je crois que cela me rappelle quelque chose ...







Ah oui ! 

Shave yo' Legs, Keb Mo !


Tout est dans cette chanson ... Une chanson d'amoureux qui semble avoir compris tout cela naturellement. Je vous laisse découvrir ce magnifique blues : sur un arpège de guitare acoustique, blues master, Gibson évidemment, quelques notes de piano, un peu d'orgue, des arrangements soyeux et tout en finesse. Et la belle voix de Keb Mo qui nous le dit bien mieux que moi.


"
You dont need no fancy tricks
Painted eyes or glossy lips
I love you just the way you are
Hope you dont mind my beat up car
You dont need to change your dress
You dont need to change your shoes
Dont try to hide your natural looks
Forget about the cover let me read the book
Dont get me wrong I like them heels
But the way I feel is the way I feel
You dont need to change your dress
You dont need to change your shoes
Go ahead be wild and free
you dont have to shave yo legs for me.
Hunnybabe dont starve yourself
Youre lookin good youre lookin well
And Im proud to have you by my side
Glad to have you in my life
You dont have to clean my house
You dont have to wash my clothes
Go ahead be wild and free
Cause you dont have to shave yo legs for me
Youre an angel
You dont have to read them magazines
You already know how to get to me
Just be yourself and I will too
Thats all we really have to do
You dont have to be ashamed
You dont have to hide your knees
Go ahead be wild and free
You dont have to shave yo legs for me.
Now go ahead be wild and free
You dont have to shave yo legs for me.
"




Non, vraiment. Pas besoin de te raser les jambes.


2 commentaires:

  1. Bien d'accord, c'est vraiment hallucinant ce lavage de cerveau généralisé... Qu'ils nous foutent la paix, qu'on laisse les femmes tranquilles! Et les filles, car ça commence dès le plus jeune âge.
    Ils ont tué Marilyn...je vais lire le bouquin (j'avais déjà lu "Blonde" de J.C. Oates dans un autre genre, et j'avais adoré).

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    1. Il est encore dans les cartons, je te le réserve !

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